Crédit immobilier : malgré les tensions géopolitiques, les banques restent offensives en juin 2026

Paris, le 28 mai 2026

Malgré un contexte géopolitique toujours tendu autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz, ainsi qu’une forte volatilité des marchés obligataires, les banques françaises restent très actives sur le marché du crédit immobilier.

Les hausses de taux demeurent limitées, certaines banques poursuivent même leurs offensives commerciales avec des offres promotionnelles agressives, tandis que la dynamique du marché immobilier ne montre, à ce stade, aucun signe de rupture.

Les taux immobiliers moyens en juin 2026

Selon les données de Pretto, les taux moyens constatés en juin 2026 s’établissent à :

  • 3,37 % sur 15 ans
  • 3,47 % sur 20 ans
  • 3,53 % sur 25 ans

Les ajustements observés restent modérés, avec des variations comprises entre -0,01 et +0,15 point, principalement sur les crédits courts (15 ans) et les profils à hauts revenus.


Des marchés toujours sous tension, mais une accalmie sur l’OAT

Le mois de mai a été marqué par une forte volatilité des marchés obligataires. L’OAT 10 ans, référence clé du financement bancaire, a franchi temporairement le seuil des 4 % le 20 mai, avant de redescendre autour de 3,61 % au 28 mai 2026.

Cette détente reste néanmoins fragile. Les investisseurs surveillent attentivement :

  • les discussions diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran ;
  • les tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz ;
  • les risques sur l’approvisionnement énergétique mondial.

« Les marchés restent extrêmement sensibles au risque géopolitique. Mais ce qu’on observe surtout aujourd’hui, c’est que les banques françaises ne paniquent pas. Elles continuent de financer, de se battre sur les bons profils et de soutenir le marché immobilier. »

— Pierre Chapon, CEO et cofondateur de Pretto


La BCE de nouveau sous surveillance

Les marchés attendent désormais la prochaine réunion de la Banque centrale européenne prévue le 11 juin 2026.

Plusieurs membres de la BCE, dont Isabel Schnabel, plaident désormais pour un durcissement monétaire face au retour des tensions inflationnistes en Europe.

En France :

  • l’inflation est remontée à 2,5 % en avril ;
  • les prix à la consommation progresseraient encore de +0,7 % en mai selon l’Insee.

Le scénario d’une hausse de 0,25 point des taux directeurs est désormais évoqué par plusieurs analystes, ce qui porterait le taux de dépôt de la BCE à 2,25 %.

Pour autant, les banques françaises maintiennent globalement leurs politiques commerciales et continuent de financer activement les projets immobiliers.


Les banques restent dans la bataille commerciale

Malgré les incertitudes, les établissements bancaires restent offensifs.

Certaines banques, comme SG, annoncent même une baisse de leurs grilles tarifaires en juin. D’autres multiplient les opérations commerciales afin d’attirer les meilleurs profils emprunteurs.

Une offre particulièrement agressive du LCL

Le LCL lance notamment une opération “Vente Flash” avec :

  • un financement amortissable à 1,99 % ;
  • sur une durée comprise entre 24 et 300 mois.

Cette offre est réservée :

  • aux primo-accédants ;
  • aux logements neufs (RT2012 ou RE2020) ;
  • aux logements anciens classés A, B ou C au DPE.

Disponible jusqu’au 27 juin 2026, cette opération illustre une tendance claire : les banques cherchent toujours à capter les emprunteurs solvables malgré un environnement plus complexe.


Quel impact concret sur le coût d’un crédit immobilier ?

Malgré les tensions des marchés, les conditions de financement restent bien plus favorables qu’au plus fort de la crise de 2022-2023.

Exemple d’un financement sur 20 ans à 3,42 %

Montant emprunté Durée Taux Mensualité Coût total du crédit 150 000 € 20 ans 3,42 % 868 € 58 320 € 200 000 € 20 ans 3,42 % 1 157 € 77 680 € 250 000 € 20 ans 3,42 % 1 446 € 97 040 € 300 000 € 20 ans 3,42 % 1 735 € 116 400 €

Exemples issus du simulateur Pretto – juin 2026, hors assurance.


Des disparités régionales toujours importantes

L’Île-de-France conserve les conditions les plus compétitives :

  • 2,95 % sur 15 ans
  • 3,11 % sur 20 ans

À l’inverse, certaines régions dépassent encore les 3,40 % sur 25 ans.

Taux régionaux en juin 2026

Région 15 ans 20 ans 25 ans Auvergne-Rhône-Alpes 3,25 % 3,30 % 3,39 % Bourgogne-Franche-Comté 3,20 % 3,30 % 3,39 % Bretagne 3,17 % 3,25 % 3,30 % Centre-Val de Loire 3,20 % 3,30 % 3,40 % Grand Est 3,25 % 3,30 % 3,40 % Hauts-de-France 3,20 % 3,30 % 3,40 % Île-de-France 2,95 % 3,11 % 3,20 % Normandie 3,20 % 3,30 % 3,40 % Nouvelle-Aquitaine 3,14 % 3,24 % 3,29 % Occitanie 3,25 % 3,30 % 3,49 % Pays de la Loire 3,17 % 3,24 % 3,30 % Provence-Alpes-Côte d’Azur 3,25 % 3,30 % 3,49 %

Ces écarts traduisent des politiques commerciales très variables selon les réseaux bancaires et les régions.


Une reprise du crédit immobilier qui se confirme

Après deux années particulièrement difficiles, le marché immobilier se normalise progressivement.

La production de crédit immobilier au premier trimestre 2026 affiche une hausse d’environ 6 % par rapport à 2025.

Cependant, les volumes restent inférieurs aux années record :

  • environ 56 milliards d’euros produits au T1 2022 ;
  • contre 38 milliards d’euros au T1 2026.

Cette reprise confirme néanmoins la sortie progressive du blocage observé entre 2022 et 2024.

Sources : Fédération bancaire française et Banque de France.


Comparer les banques reste plus stratégique que jamais

Dans un marché où chaque banque pilote précisément ses objectifs commerciaux, les écarts de conditions restent importants d’un établissement à l’autre.

Selon les analyses de Finspot, le scanner bancaire propriétaire de Pretto, plusieurs dizaines de milliers d’euros peuvent encore séparer deux propositions bancaires sur un même dossier.

« Nous ne sommes plus du tout dans le marché figé de 2023. Aujourd’hui, les banques arbitrent en permanence entre rentabilité et conquête commerciale. »

— Pierre Chapon


Quel impact de la hausse des taux sur la capacité d’emprunt ?

Prenons l’exemple d’un emprunteur célibataire gagnant 2 500 € par mois :

  • en mars 2026, il pouvait emprunter un peu plus de 175 000 € à un taux de 3,48 % ;
  • avec un taux passant à 3,61 %, sa capacité d’emprunt baisse d’environ 2 200 €.

L’impact reste donc relativement limité à ce stade.


OAT 10 ans : un signal sous tension mais réversible

Les marchés obligataires restent sous pression en raison :

  • des anticipations d’inflation ;
  • des incertitudes sur la croissance ;
  • de l’élargissement du spread France/Allemagne.

Pour autant, ce mouvement pourrait rester temporaire si les tensions géopolitiques s’apaisent rapidement.

Le maintien des taux directeurs par la BCE encourage encore les banques à rester compétitives tout en intégrant les risques macroéconomiques.

Concernant le taux d’usure, porté à 5,19 % au 1er avril pour les prêts de 20 ans et plus, aucun blocage majeur n’est actuellement anticipé.


Un marché du crédit toujours dynamique

Malgré le contexte géopolitique, la demande de crédit immobilier reste soutenue.

Chez Pretto, les simulations de crédit affichent une hausse de +21 % entre le 1er et le 27 mars 2026 par rapport à la même période en 2025.

Les banques disposent toujours de liquidités importantes : le marché reste davantage limité par le volume des transactions immobilières que par les capacités de financement.


Printemps immobilier : entre opportunité et attentisme

Le printemps reste une période stratégique pour le marché immobilier.

En 2026, cette dynamique pourrait être freinée par :

  • le contexte géopolitique ;
  • les incertitudes sur les taux ;
  • un climat d’attentisme chez certains acheteurs.

Malgré cela, les fondamentaux restent solides :

  • des banques actives ;
  • des conditions de crédit relativement stables ;
  • une concurrence toujours forte entre établissements.

Chez Pretto, le scénario privilégié reste celui d’une hausse progressive et modérée des taux plutôt qu’un choc brutal.

« Dans un marché aussi piloté, attendre une baisse franche des taux est un pari incertain. »

— Pierre Chapon

Le marché reste donc favorable aux emprunteurs solides, mais plus que jamais, le timing et la qualité du dossier font la différence.

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