Taux immobiliers : malgré la hausse des taux de la BCE, les banques gardent le cap

Les infos clefs du mois de juillet 2026 :
● Taux moyens en juillet 2026 : 3,31 % sur 15 ans, 3,38 % sur 20 ans et 3,41
% sur 25 ans (source : Observatoire Pretto).
● Variation par rapport à juin : jusqu’à -0,10 point selon les profils.
● La BCE a relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 11 juin.
● L’OAT 10 ans reste stable autour de 3,6 %, après les fortes tensions
observées en mai.
● Les banques poursuivent leurs stratégies commerciales et certaines
continuent même de baisser leurs barèmes.
● Le taux d’usure augmente au 1er juillet, ce qui redonne un peu d’air à certains
dossiers de financement.

Avec la décision de la Banque centrale européenne (BCE) en juin d’augmenter ses
taux directeurs, on pouvait craindre de voir remonter les taux immobiliers. Pourtant,
le marché résiste plutôt bien. Les banques restent prudentes dans leurs ajustements
et continuent de se concurrencer pour attirer les meilleurs dossiers. Selon la banque
que vous sollicitez, l’écart sur un même profil peut atteindre plusieurs dizaines de
centièmes de point. C’est précisément ce qu’on va décortiquer.
Des taux qui résistent malgré la hausse des taux
directeurs
À première vue, le contexte n’avait rien de très rassurant. Entre la remontée des taux
de la BCE, les tensions géopolitiques du printemps et le retour des inquiétudes sur
l’inflation, tout semblait réuni pour provoquer une nouvelle hausse des taux
immobiliers.
Dans les faits, les évolutions observées en juillet restent limitées.
Les banques ajustent leurs grilles, mais plutôt à la baisse. Certaines relèvent
légèrement leurs taux pour préserver leurs marges, tandis que d’autres préfèrent
continuer à proposer des conditions attractives afin de gagner de nouveaux clients.
Pour les emprunteurs, c’est une bonne nouvelle : les écarts entre banques restent
importants et il est souvent possible d’obtenir de bien meilleures conditions en
mettant les établissements en concurrence.
La BCE relève ses taux, mais sans provoquer de
choc
Le principal événement économique de ces dernières semaines est intervenu le 11
juin, lorsque la Banque centrale européenne a annoncé une hausse de 0,25 point de
ses taux directeurs.
L’objectif : contenir le retour de l’inflation observé ces derniers mois en Europe.
En théorie, cette décision augmente le coût auquel les banques se financent. On
pourrait donc s’attendre à voir les taux immobiliers grimper dans la foulée. Mais le
lien n’est pas aussi automatique.
D’abord parce que cette hausse était largement anticipée par les marchés. Ensuite
parce que les banques s’appuient aussi sur un autre indicateur : l’OAT 10 ans, le
taux auquel l’État français emprunte sur les marchés financiers.
Or, après avoir brièvement dépassé les 4 % au mois de mai, l’OAT s’est stabilisée
autour de 3,6 %. Une évolution qui a permis aux banques de conserver des
conditions de financement relativement favorables.
Dans le même temps, les tensions géopolitiques semblent légèrement s’apaiser.
L’annonce d’un accord de principe (pas encore signé) entre les États-Unis et l’Iran a
contribué à rassurer les investisseurs et à calmer les marchés obligataires.

Quel impact concret sur le coût d’un crédit ?
immobilier ?
Voici l’impact concret d’un financement à 3,47 % sur 20 ans :*

Taux d’usure : un ajustement technique mais utile
pour certains dossiers
Autre évolution clé en juillet : la mise à jour du taux d’usure au 1er juillet.

Nouveaux plafonds applicables au 1er juillet 2026

Pourquoi cette hausse compte ?
Quand les taux montent, même progressivement, certains dossiers peuvent
dépasser le plafond légal même s’ils sont solides. C’est parce que leur TAEG (le
taux annuel effectif global, le taux “total” de votre prêt, qui comprend le taux nominal

  • celui affiché dans les vitrines des banques et sur nos simulateurs -, le taux
    d’assurance ainsi que les frais de dossier et de garantie) se rapproche
    dangereusement du taux plafond fixé par le taux d’usure.
    Sa revalorisation trimestrielle permet d’éviter certains blocages.
    Comme le résume Pierre Chapon :
    « Le taux d’usure reste un garde-fou essentiel. Ses ajustements jouent souvent un
    rôle très concret pour débloquer des dossiers à la marge. Ce sont des effets
    discrets, mais importants pour les emprunteurs concernés. »

Taux immobiliers par région : des évolutions très
contrastées selon les territoires
Si les taux immobiliers restent globalement stables au niveau national en juillet 2026,
les écarts régionaux, eux, continuent d’évoluer de manière plus différenciée.
Certaines régions profitent encore d’une légère détente des conditions de
financement, quand d’autres enregistrent de petites hausses ciblées. Les variations
restent modestes (entre -0,14 et +0,09 point), mais elles confirment une tendance
déjà observée ces derniers mois : les banques ajustent leurs barèmes
localement plutôt qu’au niveau national.
Autrement dit, à profil équivalent, le taux obtenu peut encore varier selon la région où le dossier est déposé.

Évolution des meilleurs taux observés sur 25 ans (source : Pretto)
On observe trois dynamiques claires :
● Île-de-France confirme sa position la plus compétitive, avec une baisse
marquée sur les longues durées
● Nouvelle-Aquitaine et Bourgogne-Franche-Comté affichent également une
légère détente des taux
● À l’inverse, certaines zones comme le Grand Est ou la Bretagne connaissent
de petites hausses ponctuelles
Ces écarts ne traduisent pas une différence de risque entre régions, mais bien des
stratégies bancaires locales.
Les banques ajustent leurs grilles en fonction :
● de leurs objectifs de production régionaux
● de la concurrence locale
● et de leur besoin de capter certains profils d’emprunteurs
Comme le rappelle Pierre Chapon :
« Les taux régionaux ne reflètent pas une “hiérarchie des territoires”, mais
plutôt des stratégies commerciales locales des banques à un instant T. »

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